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Europe : défendre une vision ouverte et solidaire en matière migratoire

Au niveau Européen, c’est l’impression persistante d’une excessive priorité donnée au contrôle des flux migratoires qui demeure, alors que l’agence FRONTEX, chargée de la gestion intégrée des frontières extérieures de l’Union est placée en première ligne de la lutte contre l’immigration clandestine. Cette agence « a été créée en 2004 pour coordonner le contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne. L’agence, basée à Varsovie, emploie 220 personnes. Elle forme les gardes-frontières et centralise les données de surveillance communiquées par les pays membres. Elle aide les États membres à mener des opérations de retour conjointes » comme le rappelle un article récent paru sur le site de RFI.

Or, si les gouvernements français et italiens ont demandé le renforcement des moyens de Frontex suite aux débarquements récents en janvier dernier d’une centaine de demandeurs d’asiles kurdes sur les plages corses, la dimension intégratrice de l’action de l’Union européenne en matière migratoire ne doit pas pour autant être occultée. C’est cette dimension que la Gauche revenue aux affaires devrait promouvoir en priorité, pour tourner ainsi le dos au « mythe de l’invasion » des immigrés en l’Europe.

Ainsi, le programme cadre de solidarité et de gestion des flux migratoires pour la période 2007-2013 prévoit l’existence d’un fonds européen d’intégration des ressortissants de pays tiers dont l’existence doit être soulignée, même si l’insuffisance de ses moyens doit aussi être mise en avant. « Ce fonds, dont l’idée remonte à une conférence interministérielle sur l’intégration organisée par la présidence néerlandaise au deuxième semestre 2004, s’inscrit dans le cadre du programme de La Haye. Sa mise en place répond au constat selon lequel l’insuffisante intégration des immigrants serait à l’origine d’une dislocation de la cohésion sociale et de performances économiques médiocres »

Si l’idéologie libérale qui sous tend ici la notion d’intégration parait évidente, on ne doit pas pour autant tourner le dos à cet instrument qui pourrait permettre d’accélérer le processus d’intégration des nouveaux migrants en France. Il faut en revanche stigmatiser la disproportion des moyens, au niveau Européen, entre les fonds destinés à l’intégration et ceux dévolus au contrôle et à l’aide aux reconduites aux frontières (politiques qui demeurent du domaine des Etats membres mais que l’UE peut financer en complément). On voit là clairement s’affirmer une logique plus répressive qu’intégratrice dans une Europe cherchant avant tout à renforcer l’étanchéité de ses frontières extérieures : Parmi les 4 fonds de référence du programme cadre de solidarité et de gestion des flux, 63% des crédits sont destinés au contrôle des flux (Fonds pour les Frontières Extérieures : 1820 millions + Fonds pour les Retours : 676 millions €) alors que seulement 40% des crédits sont fléchés sur l’aspect « solidarité » et intégration ( Fonds pour l’Intégration des ressortissants de pays tiers : 825 millions € et Fonds Européen pour les Réfugiés (FER) : 699, 37 millions)

Ainsi, une proposition politique pour une réforme de l’action européenne en matière migratoire devrait d’abord inverser ces proportions, en privilégiant l’axe de solidarité afin de renforcer significativement les fonds destinés aux actions d’intégration. Les moyens sont bel et bien la traduction de choix politiques. On voit que l’Europe actuelle est tournée davantage vers le contrôle de flux de migrants considérés avant tout comme une menace.

Changer les moyens dévolus aux actions intégratrices, par le financement systématique de cours de langue française destinés systématiquement au primo-arrivants, par la création d’une journée d’accueil des migrants menée conjointement par les préfectures et les mairies et qui pourrait être étendue au niveau européen par la création d’une journée européenne d’accueil des migrants, permettrait de donner le signal d’un changement de cap plus général, pour faire de l’Europe, non plus une citadelle assiégée, mais un espace ouvert « aux autres » et à la circulation et à l’installation facilitée des migrants.

Changer les moyens, un premier pas, qui ne devra pas faire l’économie d’un changement global d’attitude, et de politiques à l’échelle des 27, pour promouvoir une approche plus ouverte à l’égard de l’immigration. C’est cette vision d’une immigration ouverte et humaine que les militants de la FFE souhaitent voir émerger au niveau européen.

Hugo Compagnon

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