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Pénalisation de la négation du génocide arménien

La Droite a inscrit à l’ordre du jour de la séance du 22 décembre de l’Assemblée Nationale une proposition de Loi issue de ses rangs et qui prévoit une peine d’un an de prison et une amende de 45.000 euros en cas de négation du génocide arménien.

Comme dans d’autres domaines (sécurité, immigration..), elle sort un problème périphérique et électoraliste pour masquer son bilan calamiteux.

En Turquie, l’effervescence est totale , tout le monde s’y met… Dimanche dernier le Premier Ministre Turc, en déplacement officiel en Lybie, vient d’opportunément rappeler à la mémoire collective française les massacres de la Guerre d’Algérie, histoire d’inviter chacun à balayer devant sa porte. Le gouvernement turc menace de rappeler son Ambassadeur, une délégation parlementaire est dépêchée à Paris pour calmer le jeu dès le début de cette semaine. Les responsables du patronat turc étaient reçus ce lundi par leurs homologues, le monde de l’économie est en effet très favorable (autant en France qu’en Turquie) au maintien de liens forts et amicaux entre les deux pays.

Si la discussion sur le fond reste ouverte sur l’aspect « linguistique » de l’appellation du « grand massacre » (expression commune aux arméniens et turcs), cette initiative arrive à contre temps dans le processus en tant que tel (groupes de travail et de réflexion communs entre la Turquie et l’Arménie et rapprochement progressif: réouverture des frontières, rétablissement de lignes aériennes, échanges commerciaux, etc..).

La Turquie n’a donc pas fondamentalement tort de demander à la France de ne pas s’en mêler…maintenant….et de laisser les deux parties concernées en premier chef définir leur calendrier. Car au delà des débats légitimes que nous devons tous avoir, il s’agit aussi ( surtout ?) de deux populations, la turque et l’arménienne, qui souhaitent aujourd’hui cohabiter pacifiquement sur un territoire et ne plus être les otages de leur passé qui est discuté à l’autre bout de l’Europe ou du monde en les laissant payer les conséquences par une pauvreté et un dénuement dont ils souhaitent tous sortir.

Le seul espoir réside maintenant dans l’attitude de nos parlementaires de Gauche qui doivent trouver le moyen politique de mettre la Droite face à ses responsabilités en l’obligeant de placer son bilan au centre du débat parlementaire.

Un débat aussi important que celui qui concerne la reconnaissance du génocide arménien mérite du temps et de la sérénité. Bien mieux qu’un texte bâclé à la hâte par des Députés prêts à tout pour conserver leurs prérogatives.

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