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Actualité des politiques sociétales en Amérique latine.

Brésil. L’adoption d’enfants par des couples homosexuels était déjà légale au Brésil depuis 2005, année où un couple masculin s’est vu octroyé la paternité conjointe d’une petite fille.
Depuis l’année dernière, le mariage homosexuel plein a été validé par le Tribunal Suprême Brésilien (STF). Mariage plein, c’est à dire immédiat (pour une union civile, une preuve de trois ans de vie commune était demandée), avec droit à héritage, droit à modification du nom de famille, et acquisition d’un état-civil officiel de personnes mariés.
Dans un pays fédératif comme le Brésil, il faut néanmoins encore lutter état par état, pour que les tribunaux fédérés forcent l’application de la décision du STF. Cette victoire vient d’être obtenue dans l’Etat de Bahia, qui rejoint ainsi ceux d’Espirito Santo et de Sao Paulo, où ces mariages commencent à se développer sans plus aucun problème. Dans ce dernier Etat, une cérémonie de mariage de 47 couples a eu lieu le 28 septembre, comme forme de revendication et d’appui à l’implantation da la mesure dans tous les états de la fédération. Nul ne pouvant s’y soustraire, il ne s’agit désormais plus que d’une question de temps pour que le droit s’applique bientôt partout.

Uruguay. Le gouvernement Uruguayen annonce des projets de loi en matière de légalisation de l’avortement, du mariage homosexuel et de la consommation de cannabis. Une grande partie de l’opposition appuie par ailleurs ces annonces, qui devraient donc être concrétisées avant la fin de l’année.
Pour le cannabis, le gouvernement organiserait l’exclusivité de la production et de la distribution, et chaque citoyen ou résident uruguayen se verrait donner un droit à 40 cigarettes d’herbe par mois.
Pour le mariage homosexuel, projet qui remporte l’adhésion la plus grande au niveau des députés, le passage d’une possibilité d’union civile (déjà existant) à un mariage plein ne devrait poser aucun problème.
Pour l’avortement, le projet prévoit de le légaliser jusqu’à 12 semaines de grossesse, après une série de deux consultations devant confirmer le choix de la mère. Sur ce projet, les affrontements sont plus nets, entre une grande partie de l’opposition et les mouvements féministes, qui le jugent encore en-deçà du souhaitable.
Reste que l’Uruguay donne le ton de réformes intéressantes, non seulement à l’échelle sud-américaine mais aussi au-delà…

Brésil. La question des inégalités de couleur fait de plus en plus l’objet de politiques du Gouvernement Fédéral, désirant concourir ainsi à la réparation de schèmes d’oppression hérités d’une histoire coloniale encore présente, de fait, dans les structures de la société brésilienne.
Les débats restent vifs, car de nombreux progressistes restent persuadés qu’il y aurait une erreur fondamentale à appliquer une grille d’analyse calquée sur une vision anglo-saxonne, et d’introduire ainsi une rhétorique raciale dans un pays qui se pense avant tout sous l’angle du métissage et de ses différentes variations. Inversement, d’autres militants arguent qu’à trop avancer la fable d’un pays sans racisme, et qu’à n’agir que sur des leviers sociaux sans traiter de la couleur de l’opprimé, le Brésil ne dépassera jamais sa mémoire esclavagiste et coloniale.
Cette dernière option reste celle des gouvernements de Lula puis de Dilma Rousseff. Sous les mandats du premier, un Secrétariat d’Etat de Politiques de Promotion de l’Egalité Raciale (SEPPIR) a été mis en place.
Axe suivant, une politique de cotas pour les étudiants noirs, indiens, et issus de l’enseignement secondaire public a été mis en place dans les universités fédérales. On discute désormais de réserver une partie des bourses de mobilité internationale à ces étudiants, et de mettre en place un observatoire pour en mesurer les effets.
Récemment, le gouvernement Dilma vient d’adopter une mesure complémentaire à travers sa nouvelle Ministre de la Culture, Marta Suplicy, qui propose d’ouvrir des appels à financement de projets culturels réservés aux artistes noirs.
L’idée chemine aussi d’un projet de loi visant à exclure des marchés publics toute entreprise pratiquant des discriminations de couleur, sexe ou âge en son sein.
Enfin, aujourd’hui, le gouvernement annonce son attention de réserver aux candidats noirs jusqu’à 30 % des futurs emplois publics.
Les débats commencent…

(crédit photo : Reuters)

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