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L’effet Hollande à Dublin – Hasard et Bonheur

Le lendemain de l’annonce de Hollande sur le massacre d’Algériens à Paris, je quitte mon travail un peu plus tôt que d’habitude. Je sors par la grille arrière du Dublin Institute of Technology où je suis professeur et me dirige d’un pas libéré vers l’arrêt du tram.

Je passe dans Camden Street, une rue avec des magasins en tout genre, petites épiceries, supérettes, magasins tout à 1€, magasin bio, vélos, clubs de gymnastique…

L’inspiration est une chose étrange : pour une raison inconnue j’entre dans ce magasin Halal vendant des produits orientaux ; un magasin devant lequel je passe tous les soirs, en forme d’épicerie de couloir, avec de grands sacs ou containers vendant en vrac toutes sortes d’épices et céréales.

Instinctivement je vais au fond de ce petit magasin où j’aperçois un petit rayon boucherie, comment ai-je pu rater ça pendant tant d’années.

Je demande, évidemment en anglais, ce que sont ces saucisses bien rougeâtres qui m’intéressent (sans doute des Merguez, chose très rare à Dublin, mais qui sait, mieux vaut être prudent sur l’authenticité ?). Après sa description, je commence à espérer, je lui demande le nom des saucisses : « They’re Merguez! » Pas de temps à perdre, j’en commande sur le champ une demi-douzaine.

Le vendeur, piqué par mon enthousiasme pour des Merguez me demande d’où je suis. Je lui explique mon parcours compliqué, Vietnam, Réunion, Nice et le vendeur décide alors de tordre le cou à James Joyce pour ne me parler qu’en français. J’attrape presque un fou rire complice et incontrôlable quand il m’explique que les Merguez c’est français. Une manière subtile d’exprimer tant de choses.

Menu de mon petit sachet de plastique, je me dirige vers la caisse et ce dernier nous entendant parler français, ma femme et moi,passe aussi de l’anglais au français. Le caissier, vu ma légère surprise, me dit avec un sourire : « je suis algérien, [un « bien sûr » dans l’intonation], je parle français » englobant le caractère francophone de l’Algérie comme acquis pour lui; surtout après mes quelques mots d’arabe maghrébin, « Saha» épuisés très rapidement. Je tente alors : « vous avez entendu la nouvelle en France? Hollande? » Un sourire extraordinaire et immense, d’une oreille à l’autre, qui grandit au mot « Hollande » recouvre son visage, oui, il sait; nous commençons une conversation sur l’événement. Le nom de Hollande a suffit à établir une communication. Merci Monsieur le Président ! Il était temps.

Évidemment, plus tard, de retour chez nous je découvre Thierry Mariani, député, parlant de mauvaises excuses (dans le Grand Journal), dont il n’est pas question dans le communiqué du Président, car elles n’auraient aucun sens, et qui cherche à utiliser le passé pour préserver la guerre des nations et des cultures. Député Mariani ! Une telle déformation de la vérité est-elle digne d’un Monsieur ?

Une visite de Hollande en Algérie, (où je ne suis jamais allé, hélas) bien préparée et quand le contexte sera dénué de toute ambigüité, pourrait être un moment fort du quinquennat et une leçon de choses pour le député des Français d’Asie, de Russie et d’Océanie.

Henry Leperlier

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