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Message de Londres

François Hollande s’est rendu à Londres le 29 février entouré d’une importante délégation dont faisait partie Claudine Lepage, sénatrice des Français à l’étranger. Il a été accueilli à son arrivée par Axelle Lemaire, candidate à la législative dans la 3e circonscription entourée par les militants de la section PS .

Son séjour londonien s’est terminé par une réunion publique au German Gymnasium à laquelle se sont joints les sénateurs Hélène Conway, Richard Yung et Jean-Yves Leconte et Arnaud Leroy, candidat à la législative dans la 5ème circonscription. François Hollande a abordé les thèmes clés de sa campagne et quelques unes des propositions phares en direction des Français de l’étranger devant plusieurs centaines de personnes, jeunes de tous âges !

Vous trouverez ci-dessous un enregistrement de son intervention (©Lepetitjournal.com/london) et une transcription, réalisée par l’équipe de Claudine Lepage, de la plus grande partie de son discours. Bien évidemment seul le prononcé fait foi.

« Je suis devant vous avec l’équipe de campagne parce que je voulais aussi vous rencontrer, vous les Français qui vivez ici à Londres et qui voulez participer à ce qui va être notre grande aventure : les élections présidentielles. Vous voulez être aussi les acteurs du changement, et la campagne se fait aussi ici à Londres.
Je vais dans toutes les grandes villes de France pour rencontrer les Français, (…) 150 000 Français vivent ici à Londres, 350 000 dans toute la Grande-Bretagne. Je voulais vous rencontrer et vous inviter pleinement à participer à la campagne présidentielle, au choix qui vous concernera au premier chef, ici, à Londres, pour que notre pays change. Et il va changer. Ici, notre parti a désigné une candidate exceptionnelle pour nous représenter : Axelle Lemaire. Elle est le reflet des Français de l’étranger. Elle est née au Canada, elle a habité longtemps au Québec. Elle vit ici à Londres où elle a fondé une famille. Elle vous connait, elle connait la donne de ce qu’est la vie des Français à l’étranger. Axelle, tu seras, je l’espère, la députée de la 3ème circonscription, puisque c’est la première fois que les Français de l’étranger vont élire directement leur député, dans ces circonscriptions taillées sur mesure pour la droite. Mais les redécoupages qui paraissent le plus ingénieux se retournent toujours contre leurs auteurs. Et quand il y a une volonté de changement, rien n’arrête le corps électoral. (…)

Nous avons le devoir de rassembler ceux qui participent au redressement de notre pays. Voilà ce qui est aujourd’hui ma responsabilité et ma tâche, faire en sorte que nous puissions donner confiance à notre pays. Il a des atouts, il peut se redresser. Je sais bien que ce sera difficile, que ce sera rude. Il faudra des efforts, notre pays est dégradé, notre chômage est élevé, notre croissance est faible, notre dette est importante et donc je ne promets rien que je ne puisse tenir, mais en même temps je veux que les Français retrouvent le chemin de l’espoir. Notre espoir est en notre jeunesse parce que c’est notre force, parce que c’est notre avenir, parce que c’est la condition de notre propre progrès. (…) Nous devons représenter la nouvelle génération, nous devons faire en sorte que la jeunesse d’Europe puisse avec nous vivre mieux. (…) La question de la jeunesse commence par l’éducation qui a été tellement malmenée, tellement abîmée depuis 5 ans.

Et nous avons à redonner la justice à la Justice. Un mot qui a été occulté pendant 5 ans, ce beau mot de justice qui met de l’égalité dans tous les choix publics. Ce beau mot qui permet à chacun de croire que la République peut servir les intérêts de tous. Ce beau mot de justice qui permet de comprendre les efforts qui sont à accomplir, surtout pour ceux qui ont le moins, et qui demande davantage d’efforts à ceux qui ont le plus. La justice fiscale, la justice sociale, la justice territoriale, la justice éducative : voilà ce que nous avons à proposer aux Français. Il ne s’agit pas d’égalitarisme, nous sommes conscients que le talent, le travail, le mérite doivent être récompensés. Il ne s’agit pas non plus, à travers la justice, de développer je ne sais quel assistanat, et je récuse le fait qu’on puisse dire que le fait d’être solidaire, d’être attentif aux faibles, aux défavorisés, serait en définitive maintenir une population dans l’assistanat. [C’est] bien au contraire, le devoir, la dignité de la personne humaine, que chacun puisse [disposer] des mêmes lois mais aussi des mêmes devoirs. (…)

Presque la moitié de la population active en France a connu une période de chômage. C’est pour ça qu’il est insupportable de stigmatiser les chômeurs. (…) Bien sûr, nous ne tolèrerons en aucune façon la fraude fiscale et la fraude sociale qui sont inadmissibles. Redresser la France, redonner l’esprit de justice aux décisions de l’Etat, faire en sorte de redonner le l’espérance dans l’avenir à travers le choix de la jeunesse. Je sais, vous le vivez peut-être ici avec moins d’acuité qu’ailleurs, mais la première préoccupation des Français c’est le chômage. (…)

Vous connaissez ma proposition pour le contrat de génération, permettre à l’entreprise qui a des seniors qui veulent rester jusqu’à leur retraite qu’ils transmettent leurs compétences à un jeune. (…) Qu’il puisse y avoir cette alliance des générations, cette réconciliation des âges.

Ici à Londres, vous êtes de toutes générations, vous êtes de toutes conditions, vous avez des parcours différents. Les uns vous êtes venus pour vos études, d’autres pour un emploi. Certains sont des chercheurs, d’autres sont des binationaux qui vivent ici depuis longtemps. Vous êtes d’une certaine façon nos représentants. Et je veux, en étant ici à Londres, rappeler ce qui unit nos pays : une longue histoire, faite à la fois de guerres, de conflits et de soupçons mutuels. Churchill disait qu’il avait une admiration pour deux Français : Jeanne d’Arc et Napoléon. Il avait de l’humour.. (…) c’était évidemment des Français qui ont subi le sort que vous savez…

Si nous avons un message à nos amis britanniques, c’est que nous aurons à travailler ensemble. Vous imaginez, si les Français me donnent mandat, arriver à convaincre le gouvernement conservateur de faire une relance en Europe, de réguler la Finance, d’introduire une taxe sur la protection financière ! Il faudra de l’obstination, il faudra du courage, il faudra de la ténacité, nous devons respecter leur choix. Nous devons les convaincre, parce que je sais leur scepticisme, que l’Europe est notre destin commun, que nous avons besoin de la Grande Bretagne en Europe. Et vous pouvez, de par vos activités, diffuser ces idées. (…)

C’est une élection qui est majeure pour l’Europe. Si je suis ici, c’est bien sûr pour vous rencontrer, pour voir nos amis Travaillistes, c’est aussi pour dire à toute l’Europe que nous serons au rendez-vous du destin européen. Pour répondre à cette attente, qui n’est pas toujours exprimée mais qui est présente dans bien des pays qui constituent l’union européenne, c’est une élection importante, celle qui vient, l’élection française. C’est une élection importante pour l’Europe. On me dit est ce que vous allez faire changer l’orientation de l’Europe, vous ne seriez qu’un gouvernement socialiste face à tant de gouvernements conservateurs, vous prétendriez qu’il serait possible de changer l’orientation de l’Europe ? D’autres ajoutent mais pourquoi vous arriveriez à obtenir ce que Nicolas Sarkozy n’a pas arraché ? Mais je crois à la grande différence qui va se produire au mois de mai, c’est votre différence à vous aussi. Car quand un grand pays comme le nôtre fixe l’orientation, donne mandat au prochain chef de l’Etat pour renégocier ce qui doit l’être d’un traité européen, c’est une force considérable qui sera en nous bientôt. (…) Toute ma vie politique a été à chaque fois déterminée par l’engagement européen. Je suis conscient de l’intérêt national, à chaque fois je pense que servir la France c’est le premier devoir de celui qui se présente aux suffrages. (…) Les positions que je prendrai ne sont pas des positions qui viendraient freiner, empêcher l’Union européenne (…) Au contraire. (…) Ce que je veux c’est renégocier le traité pour y ajouter la dimension indispensable qu’est la croissance, qu’est l’emploi, qu’est le développement industriel (…)

Vous, Français de Grande-Bretagne, Français qui travaillez ici, considérez vous comme les acteurs de la relance européenne. Faites en sorte que les Britanniques aient de nouveau confiance dans ce que j’essaierai de faire à l’échelle de notre pays.

Je veux aussi vous exprimer ma position sur ce que doit être une politique en faveur des Français de l’étranger. Vous êtes des Français qui vivez à l’étranger, et moi je m’adresse à tous les Français, où qu’ils vivent, d’où qu’ils soient, parce que je considère qu’une campagne présidentielle ne distingue pas les Français. Nous avons tous les mêmes attentes, les mêmes espérances, les mêmes envies de changement. Et vous, ici, représentants de la communauté française qui vit à l’étranger, vous souhaitez qu’il y ait une école plus forte. Et bien nous avons le devoir de faire en sorte que l’école qui est proposée aux Français de l’étranger puisse être juste et ouverte à tous. La gratuité qui a été proposée dans les lycées a été en fait payée par tous les parents qui ont des enfants au collège et qui attendaient des bourses qui ont été hélas réduites en nombre et quelquefois en niveau. Nous avons le devoir de permettre à ceux de l’école française à l’étranger d’accueillir tous les élèves français. J’ai aussi le devoir de dire aux Français de l’étranger qu’ils ont le droit d’accéder à l’administration. Je n’accepte pas les fermetures de consulats qui font habituellement le lien entre les Français de l’étranger et l’administration. Je ne veux pas non plus admettre que ce qui fait la force de la France à l’étranger, sa culture, sa langue aient été là encore réduites, abîmées par la fermeture d’instituts culturels ou par la suppression également de postes avancés de la culture française à l’étranger. Nous aurons à cœur de rétablir la présence culturelle de la France.

Les Français de l’étranger, comme les Français qui vivent en France, connaissent des situations de grande inégalité sociale. Certains vivent dans l’aisance (et c’est tant mieux) quand d’autres vivent dans la précarité, même ici à Londres. Il y a une nécessité de réduire les inégalités et de fournir une solidarité. Là encore nous renforcerons les moyens d’action sociale pour les Français de l’étranger.

J’ajoute que nous ne permettrons pas la remise en cause de la double nationalité comme certains l’ont fait. Parce que nous prenons les Français tels qu’ils sont partout dans le monde. Et beaucoup sont français et aussi d’une autre nationalité de par leur histoire personnelle. Et bien nous avons le droit, le devoir même de les accueillir.

Chers amis je vous demande de faire campagne avec nous, de vous considérer comme partie prenante de l’aventure que nous engageons, une belle aventure.

Vous savez, dans une génération, il y a des rencontres, des rendez-vous essentiels. Nous vivons une période de crise, difficile, brutale, violente même. Nous sommes dans une période de doute à l’échelle de l’Europe, d’interrogation sur le destin de la France. C’est une élection majeure que le choix du président de la République, et c’est une élection dans un contexte très particulier, avec un monde en turbulences. Que va-t-il se passer du côté de l’Iran, que va-t-il se passer en Syrie, et que vont devenir les printemps arabes ? Et tant d’incertitudes pèsent sur l’avenir de la planète. Nous sommes donc dans un contexte exceptionnel et c’est pourquoi l’élection qui vient est si décisive. Et donc la gauche doit être au rendez-vous de la France. Cela fait dix ans que nous sommes dans l’opposition (…) Nous n’avons eu qu’un seul président socialiste depuis 1958. J’ai beaucoup de respect, de considération pour François Mitterrand mais il ne faudra pas le laisser seul dans cette situation ! (…) Beaucoup, trop jeunes, n’ont jamais connu une victoire de la gauche aux élections présidentielles. D’autres ont encore le bon souvenir de 1981, de ce moment d’émotion si forte, après tant d’attente pour voir enfin le visage d’un président de gauche élu au suffrage universel. Et bien ma responsabilité, mon devoir, ma mission, c’est de permettre à la nouvelle génération de vivre de nouveau ce moment si fort d’émotion. Ma responsabilité d’avoir la gauche à la direction de notre pays. Et ma mission, ma tâche, mon devoir c’est de permettre à la génération qui a connu 1981 de se dire que finalement le mouvement de l’histoire n’est pas fini, que nous avons toujours cette belle idée en tête de faire avancer la marche du progrès. (…)

Je veux vous amener à la belle victoire d’une France rassemblée, fière d’elle-même, qui a confiance en son destin, consciente de sa mission. Oui je veux vous amener à la victoire qui sera celle aussi d’une Europe qui retrouvera sa cohérence, qui retrouvera enfin sa marche en avant, elle aussi au rendez-vous que nous avons le 6 mai. (…)

Nous ne ferons pas le tri, nous ne saurons rien de ce qui vient de Londres, de Tulle ou de Paris, c’est le même suffrage. Chaque citoyen a le même droit. Chaque citoyen va venir, ce que j’appelle le miracle de la démocratie, c’est-à-dire va venir le dimanche voter dans une mairie ou dans un consulat ou dans une école, ou dans un lieu public, prendre un bulletin parmi beaucoup d’autres, (…). Mais au premier tour il faut arriver le plus haut possible. L’élection se joue au premier tour, ne vous dispersez pas ! Même si vous avez des reproches à me faire, même si vous avez des nuances par rapport à ce que je vous propose !

Et puis après, il y a le second tour, on revient toujours dans le même consulat, la même école, la même mairie, on choisit (on ne se trompe pas !). Et puis, quand on fait les comptes, c’est la démocratie, il suffit un peu plus de 50% pour remporter la victoire. Chaque voix, chaque voix va compter. La vôtre, celle de vos proches, de votre famille, (…) la voix de la France, la voix de la démocratie. Faîtes le choix du changement. Le changement, c’est presque maintenant. Le changement c’est pour bientôt, le changement est à votre portée. Le changement non pas pour changer de président, mais le changement pour changer de politique, de majorité, de perspective, d’espoir, d’avenir ! Mais ce n’est pas fini ! Il va falloir revenir dans l’école, revenir dans la mairie, revenir dans le consulat, ici au consulat pour élire Axelle !

Je voulais venir vous voir. On m’a dit : vous voulez venir ici pour la Finance. Mon message est simple : la Finance folle, la Finance qui désorganise, la Finance qui s’échappe des règles de la démocratie, la Finance qui déstabilise les économies, détruit les emplois, cette Finance-là elle n’est pas nécessaire et je ferai toujours, quels que soient ma place, mon rang, ma responsabilité un adversaire de cette Finance. Mais si nous pouvons, nous, par notre action, réorienter la Finance, l’affecter au financement de l’économie, de l’emploi, de la croissance, nous le ferons ! C’est le sens du combat que j’ai engagé, et ce combat il vaut ici, à Londres, comme il vaut à Paris, comme il vaut aussi à Berlin. C’est le combat de l’Europe qui doit trouver là son indépendance, qui doit trouver sa force, qui doit trouver sa capacité de lutter.

Voici ce message de Londres que j’étais venu vous délivrer, un message de coopération avec les travaillistes, message de confiance à l’égard de l’avenir pour notre pays, message d’espoir pour le changement, de combat par rapport aux idées. Vive la France ! Vive la République ! »

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