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Témoignage : Note sur une participation du PS au FSM de Tunis

Durant la dernière semaine de mars 2013 se réunira à Tunis le Forum social mondial (FSM). La première rencontre du FSM s’est tenue en 2001 à Porto Alegre à l’initiative de cinq associations de la gauche brésilienne. Depuis, ce rendez-vous emblématique de l’alter-mondialisme a eu lieu à Porto Alegre en 2003 et 2005, Mumbai en 2004, Caracas, Karachi et Bamako en 2006, Nairobi en 2007, Belém en 2009 et Dakar en 2011.

Le PS a toujours envoyé une délégation (plus ou moins importante selon l’agenda politique de l’année) lors de ces réunions. Des rencontres ont été organisées par le parti avec les leaders associatifs de la solidarité internationale française, notamment en 2011 à Dakar où la délégation du parti, menée par Martine Aubry, comprenait entre autres Jean-Christophe Cambadélis, Harlem Désir et Benoît Hamon. A cette occasion, un décalage entre le discours du parti et les préoccupations des associations était sensible : on écoutait ces dernières poliment, avec intérêt, mais les réponses du parti, très institutionnelles, étaient assez étonnantes.

On annonce depuis sa création un essoufflement du mouvement, c’est une erreur d’analyse que beaucoup font (y compris au sein du PS). La spécificité politique du Forum, au-delà des thèmes qui y sont débattus avec plus ou moins de bonheur, est le rapport de force entre, d’une part, la ligne brésilienne qui ne veut pas transformer le Forum en un mouvement et, d’autre part, les rescapés et les « people » des luttes d’extrême gauche qui aimeraient faire évoluer le Forum en une nouvelle quatrième internationale. Pour la ligne dite brésilienne (toujours très influente et qui a permis de maintenir le cap initial), le Forum est un espace qui permet à toutes les luttes sociales et politiques de la planète de se rencontrer tous les deux ans (depuis Nairobi) et d’échanger sur leurs résultats et leurs méthodes en contre point avec Davos. La CGT, à l’inverse de la CFDT, s’implique énormément dans le processus et développe une stratégie d’alliance assez novatrice avec le monde associatif.

Les partis politiques ne peuvent pas participer au processus (c’est inscrit dans la charte). Lors du conseil international du FSM de 2004 à Utrecht il avait été pourtant admis que les fondations des partis politiques pouvaient participer. Ce point avait été validé six mois plus tard par le conseil de Barcelone qui avait également validé la dynamique du Forum Social Maghrébin qui a été lancé à Bouznika au Maroc en 2006. A l’époque, les révolutions arabes n’avaient pas eu lieu et la réunion en 2007 du conseil du FSM Maghrébin à Tunis avait montré que la gauche laïque tunisienne (en alliance avec la frange réformiste de la Confédération des travailleurs tunisiens, seul syndicat autorisé à l’époque) menait un travail de fond sur la société tunisienne. Avec du recul, il n’est pas étonnant que l’étincelle soit venue de Tunis en 2010. Le FSM de Dakar s’était déroulé juste après la chute de Ben Ali et Moubarak est tombé pendant cette rencontre. Les principaux leaders de la gauche tunisienne étaient présents à Dakar. L’Egypte est restée en marge du processus du FSM.

La prochaine rencontre du FSM aura donc lieu dans un mois. En 4 jours plusieurs centaines d’ateliers autonomes seront organisés. La rencontre entre les mouvements altermondialistes et la révolution tunisienne sera un événement politique majeur. Le PS, via des associations proches, pourrait prendre des initiatives pour organiser un (ou plusieurs) atelier(s) sur des questions de fond plutôt que de se contenter de l’envoi d’une délégation à la rencontre de quelques leaders associatifs et politiques. Les sujets sur lesquels le PS peut apporter une plus-value ne manquent pas :
– la place des diasporas maghrébines dans l’espace public français,
– islam et laïcité,
– l’émergence d’une démocratie musulmane (il devrait y avoir beaucoup d’ateliers sur ces deux derniers sujets),
– la question des alliances pour les sociétés civiles des deux côtés de la Méditerranée,
– le bilan de l’Internationale socialiste vis à vis des révolutions arabes,
– les politiques de migration,
– etc.

Christophe Courtin
Lomé

Ce texte a été écrit dans le cadre L’Observatoire international des militants qui relève de la Fédération des Français à l’étranger du Parti socialiste. Il œuvre à valoriser les témoignages, analyses et propositions des militant(e)s de la FFE sur les sujets relevant de l’étranger, de la mondialisation et de la globalisation

2 commentaires

  1. par G.F. Upham - 20 mars 2013 à 13 h 05 min

    Je suis invitée au FSM Santé et Sécurité Sociale et j’aimerais prendre contact avec des personnes habitants Tunis.
    Je serais, pour les premiers jours, à l’Hôtel El Mourabi, Africa Hôtel.

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