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Ma campagne électorale Obama 2012

Lors de la campagne présidentielle 2012 aux Etats-Unis, le premier débat télévisé entre les deux candidats Mitt Romney et Barack Obama a été en défaveur de ce dernier. Française de l’étranger mais aussi américaine, adhérente au Parti Socialiste, je souhaitais vivement la victoire de Barack Obama et ai ressenti l’urgence de soutenir sa campagne d’une manière ou d’une autre.

Je me suis d’abord rendue sur son site Web pour contribuer financièrement (une contribution financière commençait à 5$). Au travers de ce site, j’ai découvert que tout le monde pouvait faire du bénévolat. Pour cela, c’était très facile : il suffisait de créer un compte sur leur application collaborative appelée « Dashboard ». Avec votre e-mail et code postal, vous étiez ajouté à une liste de volontaires locaux. Ensuite, il ne restait plus qu’à rentrer en contact avec l’organisateur de campagne locale. .

Ce dernier m’a invitée à venir au centre de campagne de Seattle. Pendant dix jours, je suis venue tous les jours à ce centre où tous les volontaires étaient accueillis à bras ouverts : il y régnait une atmosphère de camaraderie. Chacun avait sa place et pouvait participer à une véritable « machine de guerre » en fonction de sa disponibilité.

La plupart des tâches attribuées aux volontaires étaient de deux sortes : la première, faire du porte à porte si le volontaire était disponible pendant plusieurs heures, la seconde téléphoner aux électeurs (à noter que l’on pouvait aussi téléphoner de chez soi par l’intermédiaire d’un outil informatique « Call Tool » que l’on trouvait sur « Dashboard »). Après quelques minutes de formation et de recommandations, j’ai fait du porte à porte mais pas n’importe comment : tout était organisé et ciblé. Le but était de s’assurer d’une participation électorale maximale des partisans du Parti Démocrate ou indécis\indépendants penchants vers le Parti Démocrate. Nous allions chercher les électeurs un par un car chaque voix comptait.

Tous les matins, une liste de personnes avec leur nom, leur âge, leur adresse dans un même voisinage m’était assignée : il y avait de 50 à 100 portes à faire environ. J’avais aussi des questions bien précises à poser et devait marquer le résultat de chaque visite sur la liste. Ces résultats étaient rentrés dans la base de données quotidiennement.

Pour la première fois, dans l’état de Washington (à ne pas confondre avec Washington DC) où Seattle est la plus grande ville, les électeurs étaient invités à voter par correspondance (il n’y avait que quelques centres de vote officiel). Les bulletins avaient été envoyés environ 3 semaines avant la date fatidique. Il fallait donc s’assurer que les électeurs supposés voter Barack Obama avaient bien posté leur bulletin de vote ou avaient l’intention de le faire, si oui à quelle date et si, éventuellement, ils avaient besoin d’aide (en effet les élections le portaient pas seulement sur le président mais aussi sur les sénateurs fédéraux, la moitié des représentants du Congrès, le gouverneur et représentants de l’état de Washington).

Pour moi, cette expérience reste inoubliable à plusieurs titres. La première est celle d’avoir pu participer activement à la démocratie et à la société américaine . J’ai ainsi découvert certains quartiers de Seattle et ai pu apprécier leur diversité. Les habitants m’ont aussi, en général, réservé un très bon accueil. La seconde est mon admiration pour les organisateurs de la campagne de Barak Obama. Ils ont su par intelligence politique et opportuniste renforcer la campagne populaire (« grassroots campaign ») avec l’aide d’outils informatiques impressionnants développés exclusivement pour cette campagne .

Cette « révolution » avait déjà commencée lors des élections de 2008 mais a été perfectionnée en 2012 grâce à l’intégration des données informatiques . Ce n’est pas la technologie qui a fait gagner Barack Obama, ce sont ses idées. Cependant, je crois volontiers que cette campagne populaire en plus de celle plus classique (discours, débats, etc.) a joué un rôle important dans la réélection de Barack Obama : les orientations de campagne formulées avec des messages clairs et ciblés ont pu être communiquées directement et personnellement.

Cette stratégie de campagne populaire ne s’est pas arrêtée à la fin des élections : elle continue car elle a prouvé sa portée démocratique . D’autres « mini campagnes » sont organisées par le Parti Démocrate pour soutenir les sujets « brûlants » de la politique de Barack Obama tels que la dette fiscale, le contrôle des armes, l’immigration, etc. Les bénévoles ayant participés à la campagne sont appelés par e-mail à contacter leurs représentants à la chambre des Congrès. Le site de Barack Obama est constamment mis à jour pour soutenir les différentes actions du Président.

Le PS peut lui aussi rentrer davantage dans cet élan de démocratisation grâce au biais de nouvelles technologies collaboratives de plus en plus sophistiquées.
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Isabelle Gouni, Seattle, Washington, Etats-Unis d’Amérique

Références :

TERRA NOVA : « Wii, The People » : partis, mouvements et infrastructures politiques dans la campagne de 2012″ ; NOTE Par Matt Browne. Le 04/12/2012

Eric SCHELL : « Les partis politiques doivent ressusciter le débat démocratique »« , Le cercle – Les Echos , 19/12/2012

Innovations démocratiques : « PROPOSITION 4 – DEMOTIONNISER LE PS. VIVE LE PS 2.0 »

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Ce texte est un « point de vue » et ne doit pas être considéré comme la position officielle de la FFE-PS

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