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Stupeur, indignation, colère, angoisse de lendemains incertains… voilà bien les sentiments que nous partageons aujourd’hui avec nos amis tunisiens

Un mercredi 7 février 2013 qui demeurera, à tout jamais, comme un jour sombre de la nouvelle République tunisienne, celui de l’assassinat du militant et leader politique, Chokri Belaïd.

Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifiés, était d’abord un militant de gauche, marxiste, pan-arabiste, et engagé de longue date (au sein de l’Union générale des étudiants de Tunisie et emprisonné en 1987 puis comme avocat défenseur des droits de l’homme, des syndicalistes du bassin minier de Gafsa, et plus récemment des salafistes ; il sera de nouveau emprisonné fin 2011 par le régime de Ben Ali). Ancien membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, Chokri Belaïd était aussi un homme politique défendant haut et fort, la « souveraineté populaire, l’égalité homme femme, une meilleure équité sociale au profit des masses populaires », une personnalité charismatique de plus en plus critique à l’égard du Gouvernement tunisien et du Parti islamiste Ennahdha.

Au-delà de cet assassinat politique, indigne et inacceptable, c’est bien la spirale de la violence et l’incertitude des lendemains de la transition tunisienne que se font jour. L’Histoire nous a appris que les lendemains de révolutions ne sont jamais des périodes d’accalmie, les espoirs légitimes des uns, l’amertume des autres, les recompositions des forces politiques, les orientations sociales, économiques, religieuses, etc … autant d’éléments complémentaires mais aussi souvent antagonistes qui dessineront demain l’avenir de la Tunisie.

Alors, certains, conservateurs de tous bords ayant d’ailleurs bien souvent pactisés avec l’ère Ben Ali, prédisent à la Tunisie le chaos et le retour de l’obscurantisme. Aujourd’hui, l’heure n’est pas aux prédictions défaitistes mais à la colère et l’indignation, demain nous aurons une pensée pour Chokri Belaïd, sa femme, ses filles et ses amis, après-demain l’heure sera à la solidarité et à l’écoute du peuple tunisien, avec toutes celles et ceux démocrates de tous bords, et ils sont nombreux, qui traversent le chemin difficile et semé d’embûches d’une transition démocratique d’une Tunisie nouvelle, emblématique et encore aujourd’hui porteuse d’espoir pour l’ensemble de l’espace méditerranéen.

Patrick THONNEAU,
Secrétaire de la section du Parti Socialiste français en Tunisie, membre du CF

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