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Venezuela : situation post-électorale

Après les deux semaines assez mouvementées qui ont suivi l’élection présidentielle, il semblerait que le Venezuela se dirige vers un « apaisement » de la situation, malgré les tensions qui persistent entre les membres du gouvernement et l’opposition.

L’opposition n’a pas accepté les résultats de l’élection ni la victoire de Nicolas Maduro; l’audit demandé par l’opposition et la « Mesa de la Unidad Democrática » (MUD), concernant les 46 % des urnes non contrôlées immédiatement après l’élection, n’a été accepté que partiellement par le « Consejo Nacional Electoral » (CNE). Il n’y aura pas de décompte des bulletins de vote déposés dans les urnes -après vote électronique- ni, surtout, de vérification des cahiers d’émargement, l’opposition a donc décidé de ne pas y participer. En conséquence, un recours en nullité des élections a été introduit au « Tribunal Supremo de Justicia » (T.S.J) – salle électorale-, avec récusation des président et vice-président de ladite salle. C’est une démarche qui sera longue et tout semble indiquer qu’Henrique Capriles n’a pas beaucoup d’espoir quant à son issue. Il affirme en attendre le résultat pour s’adresser à des instances internationales. A ce jour les délais prévus par la loi pour accepter le recours seraient dépassés mais au Venezuela ce n’est pas quelque chose d’anormal. Il est certain que tous les pouvoirs -Assemblée Nationale, TSJ, CNE, Pouvoir Moral- sont contrôlés par le gouvernement.

En revanche, il semblerait que les électeurs qui avaient une entière confiance en Chavez n’en aient pas autant en Maduro, même si les sondages post-électoraux indiquaient à une amélioration de la popularité de ce dernier (54%).

En attendant, et contrairement aux années précédentes, le pays ne verra pas de croissance en 2013. Le Produit Intérieur Brut qui était, au cours de ces dernières années, particulièrement « boosté » par les dépenses publiques liées aux aides sociales ne pourra pas profiter cette année de cette manne. Le revenu futur des vingt prochaines années, produit des exportations pétrolières, a déjà été hypothéqué sous le poids des dettes accumulées ces dernières années avec les pays amis (la Chine, la Russie, l’Iran). Les partenaires de Petrocaribe (Caraïbes et Amérique centrale) reçoivent du pétrole avec deux ans de grâce pour les paiements et à un taux d’intérêt très avantageux, autant de revenus qui tardent à entrer dans les caisses de l’État. La situation de pénurie de certains aliments et produits de base s’intensifie: le sucre, la farine de maïs (utilisée pour la préparation du pain national: « l’arepa »), l’huile, le poulet, le papier, et bon nombre de médicaments sont devenus des denrées rares. Le gouvernement (qui contrôle quand même 60% du marché et de la distribution de l’alimentation) cherche des coupables et multiplie les menaces envers le secteur privé, ce qui ne contribue pas pour autant à arranger la situation. Cependant, preuve peut-être de la désorientation du gouvernement, le président Maduro s’est réuni la semaine dernière avec le représentant le plus important du secteur économique privé, M. Mendoza du groupe Polar, pour lui exiger… de l’aide. Un début d’apaisement ou de la realpolitik ? Le Président a également été obligé d’effectuer une tournée internationale pour s’affirmer en tant que chef d’État et procurer pour le pays les aliments de base qui manquent sévèrement. Les résultats de cette tournée restent à évaluer. M. Maduro essaye de se positionner par rapport à l’UNASUR et au MERCOSUR comme un héritier de M. Chavez. Y arrivera-t-il ?

Côté opposition, il est clair qu’elle a décidé d’occuper l’avant-scène et qu’elle fait campagne, aussi bien dans le pays qu’en partant sur le sillage de Maduro lors de ses déplacements à l’étranger. Capriles s’est érigé en chef de file de l’opposition, ce qui n’avait jamais été le cas sous l’ère Chavez.

A ce jour un scandale vient d’éclater: un enregistrement supposé entre Mario Silva, figure importante du chavisme et représentant du G2 – service d’intelligence cubain- laisse supposer une guerre interne entre le groupe des « civils », auquel appartient le président Maduro, et les militaires dont le chef de file serait M. Diosdado Cabello, président de l’Assemblée Nationale. Mario Silva est responsable d’un programme sur la chaîne de télévision de l’État (et du gouvernement, ici le pouvoir amène à un mélange des deux concepts), ancien candidat à la Gobernación de l’État de Carabobo pour le PSUV (non élu). Si l’enregistrement n’est pas le résultat d’une manipulation, qui a vendu la mèche à l’opposition? Le groupe de M. Maduro? Les responsables du G2? Dans tous les cas, le mal est fait et de nombreux militaires sont signalés pour corruption ainsi que certains civils dont un ancien vice-président de la République, M. José Vicente Rangel.

Mikel Orue

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