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Le 25 Mai la gauche n’a pas tout perdu : bilan de l’élection consulaire des français de l’étranger

Déboussolée. La gauche française le 25 mai est sortie désorientée du vote des européennes. « Un gagnant et beaucoup de perdants ». La formule lapidaire de Laurent Fabius a résumé une situation politique jusque là inédite qui a vu le FN s’imposer comme 1er parti de France dans un champ politique ressemblant à un champ de ruines. Entre une gauche éclatée et affaiblie. Une droite empêtrée dans les affaires. Une famille centriste courant éternellement après son destin. Des français se défiant toujours plus de leur classe politique et choisissant la bouderie de l’abstention, ou le pied de nez du Front national. Dans un système profondément et exagérément présidentialiste qui voit un seul homme, ou presque, décider sinon de tout au moins de l’essentiel.il faut regarder cependant à la loupe les enseignements du 25 Mai; Car ce jour là, la gauche n’a pas tout perdue, contrairement aux apparences.

A côté de l’élection européenne, une autre élection se déroulait. Méconnue. Ignorée de la quasi totalité des français de France. Une élection qui ne remue pas les foules mais qui, comme chaque fois que les français s’expriment dans l’urne, nous révèle des enseignements sur l’état de l’opinion et sur les souhaits de nos compatriotes.

Le 25 Mai plus d’un million de français inscrits sur les listes électorales des consulats et Ambassades étaient appelés à s’exprimer. Pour élire leurs représentants locaux. Des conseillers consulaires qui siègeront dans des conseils de proximité, entoureront les Ambassadeurs pour exprimer un avis sur l’éducation, les aides sociales, sur l’emploi. Sur tous les sujets intéressants ces français qui ont fait le choix de vivre ailleurs qu’en France et qui ne sont ni des citoyens de secondes zones, ni des apatrides sans foi ni loi, ni des exilés fiscaux, mais des français qui ont choisir d’ouvrir en grand les portes et les fenêtres de la maison en France en vivant hors de France.

Des français qui ont choisi d’explorer les potentialités d’une planète qu’on dit sauvage et dérégulé, mais qui pour eux, ressemble davantage à un village à mieux organiser. Des français mixtes dans leurs origines. Binationaux pour presque la moitié d’entre eux. Qui vivent la mobilité, en Europe ou hors Europe, comme une chance. Qui quittent la France pour souvent mieux la retrouver ensuite, fort d’un solide bagage d’expérience internationale; Ayant appris beaucoup sur les chemins du monde. Et désireux de mettre leurs idées et leurs compétences au service de leur pays d’accueil mais aussi de leur pays d’origine.

Pour la 1ère fois dans un système de représentation profondément renouvelé, ces français de l’étranger ont choisi leurs représentants locaux.

Et ce 25 mai, oh surprise, la gauche a remporté une victoire à cette élection consulaire.

En nombre de conseillers consulaires, la gauche se situe désormais autour de 38%, un score supérieur de trois points à celui enregistré lors des élections locales à l’étranger en 2006. victoire modeste certes quand la droite reste majoritaire et que le taux de participation à ces élections reste très faible. Mais victoire réelle dans une période de sinistrose pour la gauche; Victoire totale et sans appel face à un front national qui n’enregistre que l’élection de trois conseillers consulaires, en Thailande, au Paraguay et en Espagne, dans un étrange triangle des bermudes électoral, quand la gauche affiche, quant à elle, plus de 180 élus sur les cinq continents.

En refusant l’extrémisme, le 25 mai, les français de l’étranger ont fait honneur à la France ouverte et multiculturelle qui est notre vrai salut.

Sur quelle base s’est construite cette victoire ? Sur celle, sans suprise, de fondamentaux politiques bien connus :

– L’unité comme marqueur politique : Notre famille politique avait choisi d’aller à ces élections unie. Socialistes, écologistes, radicaux et indépendants associatifs (structurés autour des groupes locaux de l’association Français du Monde-ADFE), avaient choisi de miser sur ce qui unit plutôt que ce qui divise. Même le Front de gauche, que l’on sait d’ordinaire si prompt à bouffer du « solférinien » à tous les repas, avait choisi dans certains coins de la planète d’aller au combat électoral en misant sur des listes d’union. C’est cette unité qui a été remarquée par les électeurs et qui a été le premier secret de cette victoire.

– La réforme comme marque de courage : La ministre des français de l’étranger, Hélène Conway Mouret, avait fait le choix d’une réforme de fond de la représentation locale dès l’arrivée aux responsabilités en 2012; Combattue par les conservateurs de tous poils, cette réforme issue d’une loi de juillet 2013, est en train de porter ses premiers fruits avec cette élection réussie.

– Des élus, citoyens comme les autres. Ni caste autiste. Ni élite auto proclamée. Les nouveaux élus sont avant tout des citoyens lambda. Equivalents de « conseillers municipaux » à l’étranger, ils assumeront leur mandat sur la base d’un quasi bénévolat (indemnités mensuelles moyenne autour de 200 euros) et le feront dans des conseils de proximité, localisés au plus près des préoccupations de nos compatriotes.

Le système de représentation politique à l’étranger doit encore être amélioré. Certes. Clarifié. Pour amener à l’urne plus de compatriotes. En finir avec les bugs du vote électronique, qui a une nouvelle fois entaché de difficultés cette élection. Pour donner plus de responsabilité à ces élus et valoriser pleinement leur rôle

Que le ministère des affaires étrangères et les préfets de l’étrangers que sont les Ambassadeurs acceptent d’aller plus loin dans la décentralisation des pouvoirs. La réforme annoncée des régions donne l’occasion d’une nouvelle étape de décentralisation :

Pour que demain ces élus gèrent certaines compétences non souveraines, comme l’aide sociale ou les aides pour l’emploi, ce qui soulagera d’autant les diplomates dans leur quotidien de travail pour les rencentrer sur leurs compétences politiques et économiques.

Unie, forte de son ambition de réformer, misant sur la démocratie de proximité, la gauche remporte des victoires. C’est pour toutes ces raisons que le 25 mai ne restera pas seulement comme un jour de deuil et d’effroi pour les français de l’étranger. Mais comme une promesse de jours meilleurs pour la gauche et comme un exemple à méditer.

Boris Faure

1er secrétaire fédéral

Fédération des français de l’étranger – Parti Socialiste

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