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DES MOTS QUI SOIGNENT

Des pétards déchirent le silence à Nice, un moteur rugit et dévore des vies en cette nuit de célébration nationale. Leurs cris de terreurs nous transpercent tous, quel que soit leur âge, leurs apparences, et leurs croyances.

Puis déboule une avalanche de mots. D’abord, les chaînes d’informations intermittentes ou continues répètent en boucle les blessures, les larmes, et le sang des nôtres. Ensuite, les experts débarquent sur les plateaux pour jouer de leurs instruments classiques : explications, déchiffrages, et analogies plus ou moins dissonantes. Enfin, les responsables politiques ajoutent leurs notes à la cacophonie issue de cette irréversible atrocité.

En un même mouvement, j’envoie des pensées émues, bien qu’inaudibles, aux victimes, à leurs familles, et à leur proches ; je remercie, en silence, les policiers et les services hospitaliers engagés en première ligne ; je me remémore les attentats de Paris de novembre dernier. À ce moment là, je passais devant le Bataclan, une heure avant le concert puis l’horreur.

La plaie ouverte depuis reste béante car des chants de sels s’y déversèrent longuement à travers nos écrans. À force de fredonner ce qui nous divisent, nous n’entendons plus à quel point nous nous ressemblons. Liberté, Egalité, Fraternité : notre refrain. J’ai besoin d’une chorale de mots qui soignent. Tous les jours, un chœur républicain composé de gens ordinaires.

Parce que c’est vous. Parce que c’est moi. Pour dérégler le tintamarre de la haine.

Amadou Kebe
Toronto

(Photo : Drapeaux en berne, Tours)

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