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En 2010, agir et protéger
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Pierre-Yves
Le Borgn' et Martine Aubry à la convention de la FFE
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Une
nouvelle année s’ouvre, loin d’être anodine politiquement. Il s’agira
pour le Parti Socialiste de gagner les élections régionales en mars et
de se doter d’un projet avant l’été. Ce sont là deux moments clés sur
le chemin qui mènera à l’élection présidentielle et aux élections
législatives du printemps 2012. Les élections régionales seront le
dernier scrutin d’ampleur nationale avant la fin du quinquennat de
Nicolas Sarkozy. Or ce quinquennat est d’ores et déjà un échec pour les
Français. Définitivement. Le chômage progresse, la précarité aussi. Les
promesses de travailler plus pour gagner plus, tellement lointaines
désormais, n’auront jamais autant été démenties par la réalité que ces
derniers mois. Pour des millions de compatriotes, le bilan de Nicolas
Sarkozy, c’est une vie plus dure, plus pénible, plus incertaine. Pour
quelques autres, amis du pouvoir, c’est au contraire le jackpot
attendu, entre bouclier fiscal, postes réservés et fidèle retour sur
investissement politique. La vérité crue du sarkozysme s’écrit à
l’encre de toutes les injustices.
Le
débat sur l’identité nationale, décrié jusque dans quelques rangs de la
droite, n’était qu’un misérable calcul électoraliste dont la dynamique
et la somme de dérapages verbaux auront fini par profiter au Front
National. Il y avait quelque chose de pathétique ces derniers jours à
voir Eric Besson y mettre tout le zèle des nouveaux convertis,
oscillant en tant que de besoin entre agressivité et obséquiosité, à
mesure que les réunions tournaient au baratin de comptoir sans jamais
un instant honorer la promesse républicaine au nom de laquelle un autre
débat, à un autre moment et en d’autres lieux, aurait pu avoir un sens
pour la communauté nationale. Que dire aussi du camouflet imposé sur la
taxe carbone par le Conseil Constitutionnel, pourtant peu suspect de
vouloir d’ordinaire s’ériger en contre-pouvoir ? Sa décision
toute
entière se fonde sur l’injustice qu’il y avait à prétendre imposer une
taxe assortie d’exceptions tellement flagrantes qu’elle en rompait
toute forme d’égalité. Comment rendre une mesure pourtant nécessaire
impopulaire, parce qu’insupportable socialement et inefficace
écologiquement : voilà la prouesse à laquelle le gouvernement
est
parvenu en cette fin d’année.
Face
à un tel constat d’échec, la sanction électorale s’impose. Les
élections régionales de mars auront une signification nationale. Le
pouvoir pense faire ses choux gras de hausses d’impôts intervenues dans
les conseils régionaux dirigés par la gauche pour se refaire la cerise
électoralement. La chasse à l’impôt, vieille rengaine de la droite
contre les socialistes versant dans la gabegie et dilapidant par
définition les deniers publics. Sauf que l’escroquerie politique,
n’ayons pas peur des mots, c’est d’avoir transféré les charges sans
jamais les assortir des moyens. L’Etat s’est désengagé par calcul et
par volonté politique, escomptant ainsi plomber les exécutifs locaux et
légitimer ensuite l’étranglement des territoires, entre réforme des
collectivités locales et suppression de la taxe professionnelle. Après
l’injustice, c’est le pouvoir absolu qui se dessine. Sauf que les
collectivités locales dirigées par la gauche sont bien gérées, agissent
avec inventivité, entrainent la confiance, rassurent lorsque l’Etat
inquiète, pallient autant qu’elles en ont le droit et les moyens à
toutes les carences de la politique nationale de la droite. Action
sociale de proximité, développement des transports urbains, lien social
dans l’espace rural, formation au contact du tissu industriel régional,
tout cela, c’est la gauche qui le fait, pas la droite !
Voilà
pourquoi il nous faut gagner en mars : pour sanctionner le
gouvernement
et soutenir le travail des collectivités locales de gauche. C’est
possible et c’est nécessaire. De cette dynamique-là naîtra aussi
l’espoir de l’alternance à Nicolas Sarkozy. Il peut être battu en
2012 ! Dès après le mois de mars, nous nous mettrons au
travail sur le
projet. Toutes les idées seront bienvenues. A la FFE aussi, nous
engagerons la rédaction de notre projet fédéral, dont les mesures
phares auront vocation à intégrer le projet du Parti. Ce sera notre
feuille de route pour les échéances de 2012, nourrie de la mobilisation
militante, de la révolte et de la volonté d’agir, tant il y a à dire
sur les conséquences désastreuses du retrait de l’Etat pour des
centaines de milliers de familles dans les communautés françaises à
l’étranger. Construisons ensemble les bases de l’alternance, réservons
à la droite toutes nos critiques et au Parti toute notre volonté
d’union. Union des socialistes, union de toutes celles et ceux qui, à
gauche et au gouvernement, veulent changer la France, faire bouger
l’Europe et porter sur la scène mondiale le besoin d’une gouvernance
environnementale et sociale juste.
Bonne
et heureuse année 2010 à toutes et tous ! La reconquête
commence
aujourd’hui, de notre capacité de militants à retrousser nos manches, à
aller au combat politique, projet contre projet avec la droite, à
marquer l’adversaire sur le terrain, à le mettre en difficulté et
finalement à le défaire électoralement. Souhaitons-nous pour les mois à
venir cette volonté commune d’agir et de triompher. Elle nous engagera
sur le chemin de la victoire.
Pierre-Yves
Le Borgn'
Premier Secrétaire Fédéral
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